• Satisfaction après la rencontre avec le MNJ

    Le président nigérien Mamadou Tandja et une délégation dees trois fronts de la rébellion touarègue ont fait part dimanche soir de leur grande satisfaction sur les perspectives de relance du processus de paix pour mettre un terme à l'insécurité règnant depuis trois ans dans le nord désertique du pays.

    L'entretien, organisé quelques heures après la libération du dernier militaire nigérien détenu par les rebelles touaregs du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ), s'est déroulé au gouvernorat d'Agadez, dans le centre du pays et aux portes du désert du Ténéré.

    Assistaient également à la rencontre le président de l'Assemblée nationale, Mahamane Ousmane, le Premier ministre, Seini Oumarou, ainsi que plusieurs hauts gradés de l'armée.

    "Ce dimanche est un grand jour puisqu'il nous a permis de rencontrer nos enfants qui ont pris les armes il y a trois ans, et ce contact est une satisfaction totale", a déclaré aux journalistes le chef de l'Etat.

    "Nous leur avons réitéré notre position, à savoir les voir déposer les armes et rejoindre le bercail pour mener avec nous le seul combat qui vaille, celui du développement. Je crois qu'il y a une entente", a-t-il ajouté.

    Le sous-officier libéré dimanche avait été capturé lors d'un raid du MNJ contre une base militaire en juin 2007, quatre mois après le déclenchement de la rébellion.

    Le président Tandja refusait jusqu'ici toute négociation avec le MNJ, qualifié de "bande de trafiquants d'armes et de drogue".

    "LES ARMES NE TONNENT PLUS"

    L'insécurité a resurgi depuis février 2007 avec l'apparition du MNJ, qui exige davantage d'autonomie pour la région du Nord et de bénéfices tirés des gisements d'uranium exploités depuis une quarantaine d'années par le géant français du nucléaire Areva (CEPFi.PA: Cotation). Plus de 300 rebelles et quelque 80 militaires gouvernementaux ont trouvé la mort dans le conflit.

    En 2008, les forces gouvernementales ont réussi à détruire les principales bases du MNJ, tandis que le mouvement toureg était confronté à des divisions internes donnant lieu à la création du Front des forces de redressement (FFR) et du Front patriotique nigérien (FPN).

    "Tous les fronts ont dit être engagés sur la voie d'un retour à une paix définitive et nous sommes satisfaits de l'audience avec le président Tandja qui nous a prodigué de sages conseils", a déclaré Boutali Tchiweren, porte-parole du FPN.

    Lors d'une réunion en Libye il y a environ un mois sous les auspices du colonel Mouammar Kadhafi, président en exercice de l'Union africaine, les autorités et les factions insurgées nigériennes s'étaient engagées à oeuvrer au rétablissement de la paix dans le nord uranifère du pays.

    Le porte-parole du FPN a évoqué les conditions posées avant de déposer les armes. "Nous avons demandé aux autorités d'accorder l'amnistie aux combattants et aux forces gouvernementales, de libérer les prisonniers et de lever l'état d'alerte", a-t-il dit. "Pour l'instant, nos armes sont avec nous, mais elles ne tonnent pas".

    Lundi, dans la région, le président Tandja et la présidente du directoire d'Areva, Anne Lauvergeon, poseront la première pierre du projet d'exploitation du nouveau gisement d'Imouraren, qui devrait faire passer le Niger au deuxième rang des producteurs mondiaux.

    La production annuelle d'uranium de l'ancienne colonie française est actuellement de 3.000 tonnes mais l'exploitation d'Imouraren à partir de 2011 va l'augmenter de 5.000 tonnes par an pendant 35 ans. (Edité par Marc Delteil et Jean-Loup Fiévet)

    Source: Reuters 

    « Niger: inculpation d'un journaliste de retour d'exil au MaliLe président Tandja rencontre la rébellion du Nord à Agadez »
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