• Rejet de la commission parlementaire du Niger sur les mines : La majorité protège les grosses affaires

    La redistribution des commissions financières a-t-elle été élargie à certains députés de la majorité ? La question reste posée. En tout cas, le débat sur les contours de la procédure d’octroi des permis miniers est pratiquement étouffé. Le samedi 16 mai dernier, l’Assemblée Nationale a rejeté la résolution sur la mise en place d’une commission parlementaire de contrôle et d’investigation sur les transactions minières. Le vote de la résolution initiée par les députés de l’opposition a recueilli 35 voix pour et 69 voix contre.

    Visiblement, une forte majorité des députés nationaux MNSD de tendance Tandja Mamadou et aussi les députés des autres partis de l’alliance présidentielle, notamment le groupe CDS, du RSD et du RDP avaient donné un vote défavorable au projet de mise en place de la commission d’enquête. Cette demande d’enquête défendue par les députés de l’opposition PNDS visait, on se rappelle, comme l’a indiqué le député de l’opposition Mahamane Nomao Djika, à regarder de très près dans la procédure d’octroi des permis miniers.

    Certaines sources font cas en effet d’énormes trafics et de redistribution des sommes importantes au profit du cartel d’intervenants et de démarcheurs opérant dans le processus d’attribution des permis d’exploitation minière. Des virements importants de plusieurs centaines de millions de francs effectués par des compagnies privées au profit de certains intervenants proches du pouvoir avaient alerté l’opinion sur le caractère plutôt opaque qui entoure les transactions minières au Niger. Du côté des organisations de la société civile on a crié au scandale avec le rejet par l’Assemblée Nationale de la commission d’enquête.

    L’adhésion du Niger à l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) ne semble avoir rien changé. La transparence est devenue impossible avec ce qui semble être une détermination totale des députés de la majorité à protéger les grosses affaires de la famille politique. Du côté des députés de la majorité, on a en tout cas clairement voulu éviter les vagues dans des affaires qui risqueraient d’éclabousser beaucoup de personnalités proches du régime.

    Comment le bonus pétrolier du Niger est passé de 127 milliards à seulement 123 milliards de francs CFA ? Que gagnent les courtiers et les différents démarcheurs ? Ce sont toutes ces questions que les députés de la majorité ont voulu étouffer. Le GREN et le ROTAB qui ont rendu publique une déclaration le dimanche 18 mai continuent à dénoncer les complots et à militer pour une enquête indépendante sur cette sombre affaire.

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