• Référendum au Niger : Le "oui" l’emporte, le coup d’Etat aussi

    C’est fait et c’est le contraire qui aurait fait écarquiller des yeux de hibou. Mamadou Tandja, contre vents et marées, est arrivé à ses fins : 92,5 % des 68,26 % des Nigériens qui ont voté le 4 août, selon la Commission électorale nationale indépendante (CENI), ont dit "oui." Oui au mandat illimité. Oui à un Tandja plénipotentiaire et omnipotent. Bref, oui au tazartché.

    L’opposition a beau s’offusquer et clamer à qui veut l’entendre que le taux de participation réelle ne valait que 7 %, le lait est trait. Comment l’opposition l’ingurgitera-t-elle, ce lait ? Enfourchera-t-elle le cheval brûlant et bruyant des manifestations de rue ? Croiser le fer avec le pachyderme destructeur de Tandja, et enrayer ainsi les performances économiques et politiques du Niger ? Et dans ce cas, l’armée restera-t-elle… muette ou va-t-elle recouvrer l’usage de la parole ? Autre inconnue, le FDD (Front pour la défense de la démocratie) et consorts bouderont-ils les législatives d’octobre prochain ? Il faut souligner d’ailleurs que le résultat ne serait pas meilleur s’ils participaient à ces élections législatives. La nouvelle Constitution nigérienne, concoctée par le président nigérien, a pris le soin de n’accorder à la future Assemblée nationale qu’un pseudo pouvoir de contrôle et de sanction sur l’exécutif. Reste la dernière hypothèse : les rangs des anti-tazartché vont-ils se disloquer pour aller grossir le nombre des tazartché ? Va-t-on vers une opposition sans âme et sans objet dans ce régime dictatorial ? Les prochains jours dissiperont tout ce brouillard.

    Pour l’instant, et dans tous les cas de figure, Mamadou Tandja a engagé son pays sur un chemin de fer dont les rails sont très instables et dont la gare de destination risque d’être un précipice. Comment le maître de Niamey compte-t-il gouverner dans ce pays dont la partie éclairée et avertie de la population grogne contre lui ? Utilisera-t-il ses super pouvoirs contre tous ceux qui oseraient s’opposer à sa gouvernance ? Dire oui à cette question ne serait pas trop osé, jusqu’à preuve du contraire.

    Au plan international, même si la CEDEAO et l’Union africaine (U.A) comptent pour des sauterelles dans la besace politique, économique et budgétaire de Tandja, l’Union européenne, elle, vaut deux cuisses de dromadaire. Mamadou Tandja restera-t-il fidèle à sa parole en dirigeant le pays "sans avoir besoin de la communauté internationale", comme il l’a martelé il y a quelques jours ? Et la communauté internationale, elle, quelle sera son attitude ? Elle qui, en essayant de s’ériger contre le tazartché, s’est fait envoyer valdinguer d’un revers de boubou par le président nigérien. N’est-il pas temps de trouver autre chose que ces sanctions solennelles, mais sans conviction, qui n’arrivent plus à vaincre les chefs d’État récalcitrants ?

    Le Pays

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