• Référendum au Niger : La CEDEAO nouvelle est arrivée

    Bientôt les expressions République bananière, démocratie-attiéké ou gouvernance- manioc seront bonnes pour le musée. Elles sont, en effet, sur le point d’être détrônées par l’apport particulier du Président Tandja à la très controversée politologie africaine : « le tazartché »

    Un néologisme haoussa pour signifier les prolongations constitutionnelles sifflées par l’arbitre-joueur au motif que le chantier est loin d’être terminé et qu’il faut rester le temps de l’achever, au risque de passer sur le cadavre de l’opposition. Laquelle n’est, du reste, qu’un actif toxique, un fâcheux avatar de la Baule aux antipodes de la culture africaine du pouvoir. Sur cette terre berceau de l’homme, le chef est un baobab qui s’impose à tous et qui traverse le temps, pas un roseau qui se brise au moindre souffle de l’harmattan. Toute la question, cependant est de savoir si Tandja peut arriver à ses fins, impunément pour lui et pour le Niger, car les obstacles sur sa route sont nombreux et tous extrêmement dissuasifs.

    D’abord l’alliance sacrée société civile-classe politique : elle n’a eu de cesse, depuis plusieurs mois, de mettre en garde, le président nigérien contre toute tentative de déverrouillage constitutionnel lui permettant de briguer un troisième mandat ou de prolonger le second, ce qui est différent pour l’homme fort de Niamey mais du pareil au même pour l’écrasante majorité des Nigériens, voire de l’humanité. Ensuite, l’article relatif au mandat présidentiel est intangible. Sauf s’il est modifié par quelqu’un qui n’a pas peur d’être inculpé pour haute trahison.

    C’est visiblement le cas de Tandja. Il joue gros mais même s’il arrive à réduire l’intraitable président de la Haute Cour de justice, il ne peut ignorer les propos du Comité des Sages de la Cedeao qui viennent de lui rappeler l’existence de textes communautaires interdisant les retouches à la loi électorale six mois avant les élections, sauf en cas de consensus général des parties prenantes. Ce qui est à mille lieues d’être le cas du Niger aujourd’hui. Plus que de simples conseils, c’est un vrai avertissement que les sages adressent au président Tandja. 

    Et cela n’est pas rien, venant d’une organisation qui s’était beaucoup illustrée, ces derniers temps, par des rapports hyper complaisants d’observation électorale. Même si c’est aussi le machin de Abuja qui, par la force, eut à réinstaller triomphalement Teejan Kaba. La Cedeao ira-t-elle jusqu’à l’inverse dans le cas nigérien, c’est-à-dire détrôner Tandja par la force ? Dans tous les cas, le pays de Mainassara est mal barré.   

     Adam Thiam
    Le Republicain/Mali 

    « Le Parlement nigérien rejette un projet de résolution sur les permis miniersL’INSTANCE PERMANENTE APPELLE LES INDUSTRIES MINIÈRE ET PÉTROLIÈRE À RESPECTER LES DROITS DES POPULATIONS AUTOCHTONES »
    Partager via Gmail

    Tags Tags : , , , ,