• Niger/Uranium-Le président promet de traquer les "trafiquants"

    Le président nigérien Mamadou Tandja a promis jeudi "une traque implacable des trafiquants en tous genres" pour protéger les ressources minières dans le nord du pays, en proie à une rébellion touarègue.

    Depuis février 2007, le gouvernement fait face à une résurgence de l'insécurité avec des actes de violence revendiqués par le Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ) que des Touaregs dirigent dans la partie septentrionale du pays, la région d'Agadez riche en uranium.

    La situation a conduit le gouvernement à décréter l'état d'alerte dans cette région ou le groupe nucléaire français Areva (CEPFi.PA: Cotation) exploite l'uranium depuis une quarantaine d'années.

    Niamey a refusé de négocier avec le MNJ, assimilant les combattants à des bandes de trafiquants d'armes et de drogue manipulés par des "intérêts extérieurs".

    "Il y a actuellement une certaine détente avec nos compatriotes qui ont pris les armes, mais il nous faut, pour tirer le meilleur de nos ressources du sous-sol, la paix et une sécurité totale: pour atteindre ces objectifs, nous allons traquer toute forme de banditisme, les trafiquants en tous genres et les coupeurs de route, et cela jusque dans leurs derniers retranchements", a dit le président Tandja lors d'une réunion avec les autorités et les cadres d'Agadez, que la télévision d'Etat a diffusée jeudi soir.

     

    130 PERMIS DE RECHERCHE ET D'EXPLOITATION

    Ces trois dernières années, le gouvernement a octroyé à des compagnies étrangères environ 130 permis de recherche et d'exploitation dans les filières de l'uranium, du pétrole et des métaux, mais du fait de l'insécurité, à peine 10% de ces permis ont connu un début d'exécution.

    Le MNJ a entretemps connu des dissensions et donné naissance à deux autres mouvements, le Front des forces de redressement (FFR) et le Front patriotique nigérien (FPN).

    "L'insécurité ne peut pas perdurer et à nos frères qui ont pris les armes, je répète: déposez-les, et rejoignez-nous car nous n'avons pas d'autre richesse que le Niger. Quant aux individus qui pensent prospérer dans les trafics en tout genre, ils nous trouveront sur leur chemin", a ajouté le président.

    A Agadez, Mamadou Tandja a eu le 3 mai dernier un contact, le premier du genre, avec les représentants des insurgés qui ont dit poser comme préalable à une remise des armes la proclamation d'une amnistie, la libération de détenus touaregs et la levée de l'état d'urgence.

    Le lendemain, le chef de l'Etat a posé la première du projet d'Imouraren, la plus vaste mine d'uranium à ciel ouvert d'Afrique que le groupe Areva contrôle avec 66,5% des capitaux.

    La mine devra être opérationnelle en 2012 et à plein régime, produire 5.000 tonnes d'uranium par an pendant 35 ans. Le Niger sera alors le second producteur mondial d'uranium avec 8.000 tonnes par an et pour la France, c'est la garantie stratégique d'assurer ses besoins énergétiques.

    Au début de la révolte touarègue, le président Tandja avait accusé Areva et la Libye d'être les principaux instigateurs, au motif qu'ils veulent empêcher le développement de la recherche et de l'exploitation du sous-sol nigérien.

    Les rapports avec Areva s'étaient normalisés en janvier 2008 avec la signature d'un nouveau contrat fixant le prix d'achat de l'uranium, et parallèlement, le président nigérien a confié au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi un rôle de médiateur avec les insurgés. (Abdoulaye Massalatchi, édité par Jean-Stéphane Brosse)

    Reuters 

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