• Le Touareg de Saint Malo, authentique et étonnant voyageur

    Le Touareg de Saint Malo, authentique et étonnant voyageur
    Le 23 mai, à Louviers, les Amis de Timia organisent une importante soirée d'information sur la situation au Niger en général, dans la zone touarègue en particulier, où la rébellion du MNJ, à tort ou à raison, sème mort et désolation.

    Pour moi, c'est simple : lorsque des amis crient au secours, lorsque des amis meurent de faim, il y a quelque chose à faire. Comme élu, mais aussi comme citoyen.

    La résistance civique, par de petits actes au quotidien, nous la devons à ceux qui résistent en jouant leur vie. Alors que nous ne risquons rien ou si peu.

    A Saint Malo, simple citoyen, simple commerçant, éditeur exposant ses livres dans un salon littéraire, j'ai du menacer de "péter un scandale".

    Ibrahim, marchand ambulant du Niger, m'a appris que les organisateurs du salon " Etonnants voyageurs " avaient décidé de le virer du salon.

    Lui et les deux ou trois normades qui viennent, depuis cinq ou six ans, vendre les magnifiques bijoux de l'artisanat touareg. Pas de commerçant ambulant a décrété Michel Le Bris, organisateur du salon, que je préférais naguère en maoïste aux semelles de vent...

    J'ai invité Ibrahim à partager mon stand, juste en face de celui d'Amnesty International. Menaces du commissariat général. J'ai refusé de céder.

    Quelle contradiction entre l'existence d'un salon voué à la liberté de voyager, fut-ce en rêve et par la littérature, un salon cultivant le mythe d'Henry de Monfreid, lui même trafiquant d'armes et de drogue, et la décision d'exclure les Touaregs, leur artisanat, leurs moyens de survivre. Et leur image, tellement exploitée dans d'innombrables livres, en vente dans ce même salon.

    J'ai plaidé l'exception pour ces hommes courageux, les " Etonnants voyageurs" du 21 ème siècle, qui ne demandent aucune charité. Les artisans qui produisent les bijoux, regroupés localement en coopérative, les vendeurs qui passent les frontières légalement, au prix de mille tracasseries administratives, méritent notre admiration pour leur travail, leur résilience, leur capacité à survivre et à faire vivre leur famille.

    Les touaregs sont restés. Ibrahim a vendu ses bijoux aux Parisiens. Mano Dayak, écrivain de l'Aïr, m'a serré la main. C'est minuscule. C'est bien.

    source: bloc notes de Frank Martin


    Le Niger maîtrise dorénavant les effectifs de son cheptel »
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