• Le Sahel, AQMI et la Libye

    AQMI, "Al-Qaida au Maghreb Islamique", est ce groupe issu de la guérilla islamiste algérienne et ralliée à "Al-Qaida centrale" qui mène le Jihad dans quelques montagnes algériennes et au Sahel, cette partie sud du Sahara commune à la Mauritanie, à l'Algérie, à la Libye, au Mali et au Niger. Elle cohabite avec les Touaregs dans cette région et elle est très intéressée par les événements libyens.

    Le Sahel est l'un de ces espaces échappant à toute autorité centrale, où se sont installés groupes armés et contrebandiers. Un ouvrage vient de faire le point sur sa situation et notamment sur AQMI.

    Les rapports entre le Sahel et la Libye de Kadhafi étaient complexes. Kadhafi s'appuyait sur les Touaregs, leur donnait des armes et de l'argent pour combattre à ses côtés... et donc la possibilité de les utiliser contre les gouvernements du Sahel, car les Touaregs sont minoritaires dans tous les pays de cette région, et s'estiment maltraités aussi bien par les Arabes au nord que par les subsahariens au sud.

    On se souvient que ces nomades marchands et guerriers avaient résisté quelques dizaines d'années à l'armée française de l'époque coloniale, et ont repris les armes depuis déjà quelques décennies contre les gouvernements actuels. La situation s'est aggravée (et améliorée pour eux) depuis quelques années avec l'intense contrebande qui traverse le Sahara, notamment de drogue venant d'Amérique latine.

    AQMI n'est pas touarègue, mais supranationale comme toute l'organisation du regretté Ben Laden. Ses membres viennent de pays variés. Mais elle opère sur le même territoire que les Touaregs, elle a ses propres filières de contrebande et comme eux, elle taxe la contrebande des autres. Elle ajoute à ces activités celles très fructueuses de prise d'otages occidentaux revendus contre rançon (alors qu'Al-Qaïda centrale lui demande de les exécuter pour l'exemple). Bien sûr, des groupes très variés islamistes, touaregs ou indépendants peuvent se sous-traiter mutuellement les enlèvements et la garde.

    Les islamistes d'AQMI et de ses ancêtres ont été très durement réprimés par Kadhafi, puis ont fait la paix avec lui, puis sont montés dans le train de la rébellion pour se venger de la répression ancienne, et "pour montrer l'exemple aux Libyens, afin que ces derniers les rejoignent quand ils auront compris qu'ils se sont fait rouler par les Occidentaux".

    Kadhafi disparu, reste la question des armes. Des centaines de milliers, dont 15 000 missiles sol-air étaient dans les entrepôts de l'armée libyenne, puis ont équipé les rebelles au fur et à mesure de leur avancée. On sait que ces groupes rebelles sont très variés à la fois tribalement et idéologiquement. Certes, actuellement, ils commencent à rendre ces armes aux nouvelles autorités, mais tous ne résisteront pas aux sollicitations de camarades de combat ou à un bon prix offert par des trafiquants.

    Par ailleurs, si tant de personnes se sont réjouies de la fin brutale de Kadhafi, c'est aussi parce que cela règle l'hypothèse d'une contre-attaque de ce dernier à partir de la zone touarègue. Reste à ce qu'un de ses proches n'ait pas la même idée...

    source:lesechos.fr

    « Mali: retour au pays des combattants maliens des troupes de Kadhafi Le clan Kadhafi décimé »
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