• Le président Tandja met fin à l’état d’urgence décrété depuis 2007 à Agadez, au nord du Niger

    Le Président Mamadou Tandja a mis fin à l’état de mise en garde, synonyme d’état d’urgence, décrété et plusieurs fois renouvelé depuis le 24 août 2007 dans la région d’Agadez (900 km au nord), quelque semaines après l’amnistie accordée aux rebelles touarègues qui ont sévi dans cette zone, riche en uranium, a appris APA jeudi de source officielle à Niamey.

    « Il est mis fin à la mise en garde proclamée dans la région d’Agadez, à compter du 27 novembre 2009 », selon les termes d’un décret présidentiel publié jeudi.

    Cette décision proscrit cette mesure qui accorde des pouvoirs exceptionnels aux forces de défense et de sécurité dans la région.

    Elle intervient un mois après que le Président Tandja a accordé une amnistie aux rebelles touarègues qui ont récemment déposé les armes après deux ans de combats dans la région d’Agadez.

    La faction historique de la rébellion touarègue au Niger, le Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ), ainsi que le Front patriotique nigérien (FPN) ont déposé les armes en marge d’une cérémonie dans la ville libyenne de Sebha, en présence de Mouammar Kadhafi, le médiateur.

    Ces deux mouvements ont été suivis dans leur geste par le Front des forces pour le redressement (FFR) de la figure historique de la première rébellion touarègue des années 1990, Rhissa Ag Boula, qui a accepté l’offre du médiateur libyen.

    Avec cette reddition, des sources rebelles indiquent que ce sont plus de 4000 combattants qui renoncent à la lutte armée, en acceptant leur réinsertion à travers diverses activités socioéconomiques.

    La région d’Agadez où opèrent plusieurs compagnies étrangères est riche en uranium. Depuis février 2007, cette région fait face à une rébellion armée conduite par des touaregs qui revendiquent davantage de meilleures conditions pour les populations du nord du Niger.

    Les affrontements entre l’armée et les éléments de la rébellion touarègue exacerbés par de nombreux cas d’explosion de mines attribués aux insurgés, ont fait à ce jour officieusement plus de 80 soldats et environ 200 rebelles tués ainsi que plusieurs morts et blessés parmi les civils.

    Début mai dernier, les autorités nigériennes ont donné le coup d’envoi dans la région d’Agadez de la réalisation du complexe minier d’Imouraren, un des plus grands gisements au monde avec 5000 tonnes d’uranium par an.

    L’exploitation de ce site par le groupe français AREVA va placer le Niger, à l’horizon 2015, au deuxième rang mondial des pays producteurs, avec un doublement de sa production uranifère annuelle.

    Ces richesses minières, exploitées depuis 40 ans dans le nord du Niger ont habituellement servi de détonateur à la rébellion touarègue au début des années 1990 ainsi que le soulèvement en février 2007 de l’insurrection menée par le MNJ.

    Niamey a officiellement entamé des rencontres avec les factions rebelles en avril dernier lorsque le ministre nigérien de l’intérieur, Albadé Abouba, qui conduit une forte délégation en Libye a affirmé que les rebelles touaregs, constitués en trois factions, ont accepté de rendre les armes et de participer à des négociations de paix.

    APA 

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