• LE DAKAR A MI-PARCOURS

    Le Dakar 2009, premier de l’histoire disputé sur le continent sud-américain, a atteint Valparaiso, où les concurrents ont bénéficié d’une journée de repos. 139 motos, 15 quads, 95 autos et environ 70 camions (les officiels de course délibèrent sur d’éventuels repêchages) sont arrivés à mi-course. Marc Coma à pris une option sur le titre à moto, tandis que les Volkswagen, Carlos Sainz en tête, mènent le bal sur quatre roues.

    COURSE MOTOS : COMA, BIEN SUR SES PNEUS

    La première partie de la course motos a été animée par deux faits principaux : la domination de Marc Coma et les soucis de pneumatiques de certains ténors. Et ce dès l’entame du rallye. Après seulement 371 kilomètres de spéciale, Coma possédait déjà 41’ d’avance sur Cyril Despres, 1h01 sur David Casteu et 1h28 sur Francisco Lopez, trois de ses rivaux annoncés au départ de Buenos Aires. La raison : des problèmes de pneumatiques sur des pistes extrêmement exigeantes. Difficile de trouver l’option gagnante entre des bib mousses qui chauffent et des chambres à air qui crèvent.

    Deux jours plus tard, en route vers Jacobacci, le tenant du titre Cyril Despres perdait une heure supplémentaire, toujours pour la même raison. Des incidents que n’aura pas connu l’impressionnant Marc Coma ou presque. Une crevaison lui a seulement couté une quinzaine de minutes lors de la 5ème étape. Un détail, tant le Catalan a dominé sa catégorie jusqu’à Valparaiso. Vainqueur de 3 spéciales, Coma possède au repos 51 minutes de marge sur le surprenant Jonah Street, par ailleurs lauréat d’une spéciale. Sur 7 étapes, l’Américain a terminé 6 fois dans le Top 10 dont 4 fois dans le Top 5.

    Tout aussi régulier avec toutes ses spéciales terminées parmi les dix premiers, David Frétigné est l’autre bonne surprise de ce Dakar. D’autant que le Français ne s’attendait pas à être en aussi bonne position avec sa « petite » 450cc sur les pistes rapides d’Argentine. Troisième au général à 52’, le pilote Yamaha domine donc sa catégorie avec un avantage de plus d’une heure et demi sur le Brésilien José Helio Rodrigues Filho.

    Chez les filles, sur 3 concurrentes au départ, deux restent en course. Seule Christina Meier a quitté l’épreuve, victime d’une casse moteur dès la deuxième étape. La catégorie est aujourd’hui dominée par la Néerlandaise Myriam Pol, 47ème, avec plus de 4 heures d’avance sur la petite mais coriace Suédoise Annie Seel, qui a connu de nombreux déboires ces trois derniers jours.

    Dans la catégorie des motards ne disposant que d’une malle moto, le Chilien Juan Pablo Zegers Correa, 54ème du général, mène la danse sur sa Honda mais seulement d’une très courte tête. Le pilote local n’a que 1’23 d’avance sur l’Italien Miotto et 3’20 sur le Français Carillon. Pour ce qui est des rookies de cette 31ème édition, Jakob Przygonski est pour l’instant le mieux classé, en 14ème position.

    Sur les 25 quads au départ à Buenos Aires, 15 ont rejoint Valparaiso. Entre les deux villes, la catégorie créée cette année a vécu une course époustouflante où s’est d’abord illustré le rookie Christophe Declerck, leader des quatre premières journées avec deux étapes gagnées. Machacek et Gonzalez, tout deux anciens vainqueurs, reprenaient les rênes de la course à partir de la cinquième étape. L’Espagnol s’emparait même du classement durant deux jours avant d’abandonner lors de la 7ème étape avec le Français, laissant Machacek en position très favorable tandis que Marcos Patronelli remportait une première victoire quad pour l’Argentine.

    COURSE AUTOS : ON NE VOIT QUE DU BLEU

    Les données brutes récoltées après sept jours de course ne laissent place à aucune contestation : Volkswagen n’a jamais été aussi près de mener un de ses Race Touareg à la victoire finale sur le Dakar. Avec trois voitures aux trois premières places du classement général, une marge de 29 minutes sur le premier rival pour le titre, cinq spéciales gagnées sur la route de Valparaiso, une concurrence décimée et une mécanique qui semble avoir gagné en maturité, on voit mal comment la première place pourrait échapper à Carlos Sainz, Giniel De Villers ou pourquoi pas Mark Miller.

    La course par élimination a débuté dès la première étape, dans laquelle Hiroshi Masuoka s’est rapidement retrouvé hors du coup, contraint de rejoindre Santa Rosa « à la ficelle » avant d’abandonner. C’est ensuite avec la Cordillère des Andes à l’horizon que le clan Mitsubishi, déjà mal en point dans la hiérarchie générale, a reçu deux coups de massue consécutifs. Dans l’étape de Mendoza, Luc Alphand, englué avec son Lancer dans des marécages, a rendu les armes suite au malaise de son copilote Gilles Picard. Le lendemain, c’était au tour de Stéphane Peterhansel d’abandonner. Le tenant du titre, qui avait par ailleurs connu pour la première fois l’expérience du tonneau par l’avant, a stoppé sa route suite à la surchauffe de son moteur. Le soldat Roma, 4ème au général, se retrouve donc missionné pour faire survivre la marque aux diamants sur le rallye, avec l’espoir de profiter d’éventuelles défaillances dans les deux étapes qui s’annoncent décisives à la reprise.

    Ce ne sera plus le Team X-Raid BMW qui sera en mesure de faire de l’ombre aux Race Touareg. Guerlain Chicherit officieux et éphémère leader avec les deux meilleurs temps intermédiaires dans la première étape, s’est lui-même mis hors jeu dans cette même journée. Et Nasser Al Attiyah, signataire de deux scratchs, s’est auto-exclut en abdiquant devant les dunes qui concluaient l’étape de Mendoza. Lui aussi touché par des problèmes de surchauffe du moteur, le Qatari est rentré au bivouac avec une feuille de route largement incomplète, qui le mettait obligatoirement hors-course, alors qu’il dominait le classement général. Dans ces conditions, Robby Gordon, qui passait pour un joyeux plaisantin en affichant ses ambitions de victoire à Buenos Aires, commence à devenir crédible pour une place sur le podium : il pointe pour l’instant en cinquième position.

    Le réel danger qui guette la firme allemande pourrait éventuellement venait éventuellement venir de la bataille interne que pourraient se livrer leurs pilotes sur le trajet retour. Carlos Sainz ne devance pour l’instant son coéquipier Giniel De Villiers que pour neuf secondes. Et retard de 13 minutes qu’accuse Mark Miller ne le condamne absolument pas en regard des difficultés qui attendent encore les concurrents. L’importance de l’enjeu pourrait conduire Kris Nissen, le patron de l’écurie, à imposer des consignes strictes à ses coureurs pour éviter qu’ils se livrent à un jeu dangereux.

    Le bilan à mi-course dans la catégorie Production fait état d’une domination tout aussi nette, exercée par les pilotes Toyota, qui occupent les quatre premières places. Surtout, le niveau de compétitivité des T2 se révèle particulièrement élevé et dense, puisque Nicolas Gibon, en tête de la catégorie, pointe en 20ème position du général. De plus, ses deux poursuivants en T2, Xavier Foj et Ronan Chabot, sont en embuscade à un peu plus d’une heure. Au total, les cinq premiers T2 sont enregistrés dans le Top 30 de la course.

    Côté camions, les Russes marquent la première partie de l’édition. Systématiquement aux avant-postes, ils n’ont très vite eu que Gerard de Rooy comme adversaire, car si la victoire de Marcel Van Vliet a fait illusion le premier jour, la compétition a rapidement tourné à un bras de fer entre Kabirov-Chagin d’un côté, Gerard De Rooy de l’autre. Le tenant Hans Stacey accumulait, de son côté, les déconvenues avec trois crevaisons en trois jours pour se retrouver aujourd’hui 20ème à plus de 16h00 de la tête. Malgré deux étapes gagnées, De Rooy ne comptait que 13’’ d’avance au général à l’issue de l’étape 5 sur Firdaus Kabirov. Dès le lendemain Chagin remportait la spéciale et Kabirov s’installait en tête du général. Les trois pilotes se tiennent en 25’ à l’amorce de la deuxième semaine.

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