• Le Colonel Djibrilla Hamidou Hima dit Pelé sur RFI

    Dans une interview qu’il a accordée, hier, à la Radio France internationale, le Colonel Djibrilla Hamidou Hima dit Pelé, membre du Conseil Suprême pour la Restauration de la Démocratie, a justifié les raisons de l’avènement du CSRD dans notre pays. Il a précisé que le CSDR n’est pas intéressé par le pouvoir et promet de le rendre démocratiquement aux civils dans un délai raisonnable, car leur objectif n’est pas de rester longtemps aux commandes de l’Etat, mais de rétablir la légalité. Il a rassuré l’opinion nationale et internationale que notre armée est, et demeure, républicaine. “Le pouvoir ne nous intéresse pas”, déclare le Colonel Pelé

    Mon colonel, pourquoi cette opération le 18 février dernier ?

    Vous savez bien que nous étions dans une situation de rupture de légalité depuis un moment. On dit qu’il y a eu un Coup d’Etat, mais est-ce réellement un coup d’Etat ? Nous estimons que nous sommes plutôt entrain de rétablir la légalité.

    Pourquoi avez-vous agi en plein jour et en plein conseil des ministres ?

    Parce que cela évite toujours d’avoir beaucoup de casses et d’incidents en général. C’est plus prudent, on voit ce qui se passe. Et les gens s’attendaient peut-être moins à cela en ce moment là.

    Quand vous avez attaqué le palais, à quel moment avez-vous compris que c’était gagné ?

    C’est dès qu’il y a la reddition des gens du personnel de la Garde Présidentielle. Vous savez, cette histoire concerne tous les éléments de l’armée, y compris ceux de la Garde Présidentielle. Eux-mêmes n’étaient pas d’accord avec la rupture de légalité observée depuis un moment dans notre pays.

    Vous voulez dire qu’un certain nombre d’éléments de la Garde Présidentielle étaient de votre coté ?

    Absolument !

    Vous dites que vous êtes une Armée Républicaine, est-ce que vous promettez de rendre le pouvoir aux civils ?

    Absolument. Vous pouvez en être certain. Le pouvoir ne nous intéresse pas. Ecoutez, nous-mêmes en tant que militaires, chaque fois que nous menons de telles actions, nous nous rendons compte que nous ramenons nos pays en arrière. Ce n’est pas une bonne chose en soi. Et ce n’est pas de gaieté de cœur que nous le faisons.

    Donc, il n’y aura aucun capitaine Dadis Camara parmi vous ?

    Il n’en y a aura pas. Le Niger n’est pas la Guinée. L’armée nigérienne n’est pas l’armée guinéenne. Je ne voudrais pas jeter l’opprobre sur quelqu’un. Je pense que là-bas aussi, il y en a justement qui sont entrain de rendre le pouvoir aux civils.

    Et le Commandant Salou Djibo est d’accord ?

    Absolument. Il est parfaitement d’accord. C’est quelqu’un de très serein, de très calme. Et il n’est pas intéressé par le pouvoir.

    C’est d’ailleurs quelqu’un qu’on ne connaissait pas avant l’opération du 18 février. Comment se fait-il que ce soit lui qui préside le CSRD ?

    Rassurez-vous que le chef d’Escadron Salou Djibo est quelqu’un qui est très connu dans nos rangs. Parce qu’ayant commandé des unités opérationnelles, il a fait ses preuves. Faites-moi confiance, ce n’est pas comme le cas de Dadis. Salou Djibo est dans les unités opérationnelles.

    Alors, vous avez suspendu la constitution taillée sur mesure que s’était fabriquée Mamadou Tandja l’année dernière ; est-ce que cela veut dire que vous voulez revenir à la constitution précédente ?

    Non, pas du tout. Nous allons asseoir les Nigériens autour de la table et il y aura une nouvelle constitution.

    Alors, à quand les prochaines élections ?

    Pour l’instant, il nous faut rassembler toutes les couches sociales du Niger dans un organe qui va faire la programmation sur cette transition.

    Vos partenaires étrangers souhaitent que vous fassiez des élections dans les six (6) mois, est-ce que c’est possible ?

    Personne ne nous l’a dit pour l’instant. Je pense que les gens sont raisonnables. Il ne s’agit pas de bâcler les choses et retomber encore dans des travers. Il s’agit justement, sous les conseils avisés de certains Chefs d’Etat, qui l’ont demandé, de prendre le temps pour asseoir quelque chose de concret, de viable pour notre pays. Il ne s’agit pas de faire un travail précipité et bâclé.

    En 1999, la transition a été courte. Elle a duré quelques huit (8) mois. Est-ce qu’elle pourrait être aussi courte cette année ?

    Je ne peux pas répondre pour l’instant à cette question, parce que je sais que la classe politique elle-même sait qu’on a besoin du temps pour assainir cette situation. Mais quoi qu’il en soit, ça sera un régime démocratiquement élu qui reprendra les rennes du Niger.

    Est-ce qu’on peut espérer des élections avant la fin de l’année ?

    Ecoutez, c’est la 3ème fois, M. Boisbouvier, que vous me posez la même question. Je vous dis qu’au moment venu, on le saura.

    Mon colonel, c’est votre 2ème putsch. Quel a été le plus difficile ? Celui de 1999 ou celui-ci ?

    Tous les putsches sont difficiles. Nous souhaitons seulement pouvoir sortir de cette crise de manière sereine. Est-ce que votre opération a été menée en concertation avec l’opposition ?

    Négatif, négatif ! Cette action n’est menée au profit de personne.

    Depuis quatre (4) jours, le Président Tandja est retenu prisonnier ; qu’est-ce que vous allez en faire ?

    Mais on avisera au moment venu

    Dans quel état est-il ?

    Il se porte bien et son médecin le voit fréquemment. De toutes les manières, on autorisera bientôt la Croix Rouge à lui rendre visite pour assurer l’opinion qu’il se porte justement bien.

    Source : Le Sahel

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