• La responsabilité sociale et environnementale des entreprises, un facteur de compétitivité

    La responsabilité sociale et environnementale des entreprises, un facteur de compétitivité
    Développement durable, audits environnementaux, placements socialement responsables, commerce équitable: en quelques années, les préoccupations sociales et environnementales ont fait irruption dans le monde de l'entreprise. Face à l'émergence de défis mondiaux, les grands groupes internationaux sont dorénavant appelés à jouer un rôle de premier plan dans la lutte contre la pauvreté ou la protection de l'environnement.

    Rien d'étonnant à cela, si l'on considère que le chiffre d'affaires d'un BP est 90 fois supérieur au PIB du Niger. Aucune réponse efficace ou durable ne pourra être apportée aux grands enjeux planétaires sans une participation active de ces acteurs majeurs du développement. C'est pourquoi il faut saluer le choix des entreprises qui s'engagent pour le progrès de l'homme.

    Mais ce n'est pas par seule charité que nombre d'entre elles entrent aujourd'hui dans une démarche de responsabilité sociale et environnementale (RSE). Dans un contexte de forte concurrence, la RSE est devenue un facteur crucial de compétitivité. Elle répond en effet à une demande croissante de la part de l'environnement dans lequel l'entreprise évolue.

    Les consommateurs, d'abord, sont de plus en plus sensibilisés aux conditions de fabrication des produits qu'ils achètent. En atteste l'engouement pour le commerce équitable ou de l'agriculture bio. La grande distribution s'y prépare: l'empreinte écologique des produits fera bientôt partie des critères de choix entre biens de consommation. Les gouvernements, ensuite, imposent aux entreprises des normes de plus en plus exigeantes.

    Depuis 2001, les considérations sociales et environnementales sont prises en compte dans l'attribution des marchés publics. Longtemps concernés par le seul bilan financier, les investisseurs s'intéressent eux aussi de façon croissante à la responsabilité des entreprises qu'ils financent. Les placements éthiques et solidaires, mobilisateurs d'une forme d'épargne militante, se développent à grande vitesse.

    Les salariés, enfin, sont attentifs à l'engagement de leur entreprise. Alors que nous entrons dans une ère de compétition accrue pour la main-d'oeuvre qualifiée, l'effort RSE des groupes devient un argument important pour attirer de jeunes collaborateurs. L'entreprise a donc tout intérêt à se conformer aux nouvelles demandes de son environnement, en développant une image de responsabilité par rapport aux défis mondiaux.

    Mais l'avantage compétitif d'une entreprise "responsable" va aujourd'hui bien au-delà de l'image. En minimisant l'utilisation de ressources naturelles, l'optimisation du processus de production permet de réduire les coûts dans un contexte de croissance durable du prix des matières premières.

    C'est le pari qu'a fait le cimentier Lafarge, qui affiche aujourd'hui une réduction significative de ses émissions de gaz à effet de serre (GES), ainsi que des économies sur les dépenses en carburants. Le remplacement de l'énergie fossile par la biomasse dans certaines usines du groupe lui permet d'anticiper les contraintes énergétiques posées par la raréfaction du pétrole. La RSE constitue ainsi un redoutable moteur d'innovation.

    La démarche RSE peut aussi accompagner l'implantation d'entreprises dans des marchés émergents, se faisant en quelque sorte le département R&D de la conquête des marchés du "bas de la pyramide". Le fonds Danone.communities, qui investit dans des projets agroalimentaires dans des pays du Sud, permet au groupe français de s'établir tôt dans des marchés prometteurs tout en contribuant de façon significative à l'emploi, la croissance et la santé publique dans les régions concernées.

    Les mécanismes de développement propre, par lesquels les entreprises de pays développés accompagnent des acteurs de pays en développement dans la réduction de leurs émissions de GES, constituent quant à eux un levier important dans la lutte contre le changement climatique. Mais ce transfert de savoir-faire est aussi l'occasion d'établir des liens durables avec des acteurs de pays émergents.

    Il est enfin dans l'intérêt bien compris des grandes sociétés européennes que se renforcent les normes RSE à travers le monde. Dans un contexte de compétition internationale accrue, nos entreprises ont intérêt à ce que les règles du jeu soient les mêmes pour tous. Trop longtemps perçue comme un simple outil de communication, la RSE a clairement dépassé le domaine de la charité, montrant qu'il n'existe pas d'incompatibilité entre engagement responsable et logique économique.

    Jean-Michel Severino, directeur général de l'Agence française de développement (AFD), membre fondateur du blog www.ideespourledeveloppement.org


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