• Joies et doutes des Nigériens à l’annonce d’une manne d’un milliard de dollars tirée du pétrole

    Joies et doutes des Nigériens à l’annonce d’une manne d’un milliard de dollars tirée du pétrole

    APA-Niamey(Niger) De nombreuses voix s'élèvent au Niger en écho au contrat de production pétrolière signé avec une firme chinoise pour un investissement d'un milliard de dollars, les unes s'en félicitent tandis que d'autres s'en inquiètent.

    L'accord pétrolier conclu le 2 juin entre la firme China Oil and Gas development and exploration corporation (CNODC) et le Niger porte sur le bloc d'Agadem (nord), avec notamment la construction d'une raffinerie pour 600 millions de dollars (254 milliards FCFA) et 300 à 400 millions de dollars (127 à 169 milliards FCFA) pour la réalisation d'un pipeline alimentant la raffinerie.

    Ce projet devrait aussi permettre d'employer, lors de la phase de construction, jusqu'à 1 500 personnes et environ 500 autres de plus au cours de l'exploitation, indique -t-on.

    «Nous sommes satisfaits qu'il y ait une telle manne pour notre pays mais nous restons sur notre faim, car cette convention est passée sans subvention avec l'octroi de terrains gratuitement pour la raffinerie», a confi à APA, Salissou Oubandoma, coordonnateur du Groupe de réflexion sur les industries extractives au Niger (GREIN).

    Seklon lui, il faut craindre que cette manne ne «débouche sur des mésententes, car même s'il est vrai que le pétrole est une richesse, il faut savoir que prés de 80 % de pays en guerre sont producteurs de pétrole ».

    «Nous ne souhaitons pas une telle situation à notre pays », a-t-il lancé, invitant le gouvernement à privilégier les intérêts du pays.

    Pour Inoua Neino, secrétaire général du syndicat des agents des mines «il faut saluer la promptitude avec laquelle les autorités nigériennes ont choisi de s'engager pour faire aboutir ce projet du bloc d'Agadem ».

    Dubitatif sur le sort des futurs agents qui seront recrutés dans l'exploitation de ce bloc, le syndicaliste souligne que «les Chinois éprouvent assez souvent des difficultés dans la gestion du personnel ».

    Mardi dernier, le ministre nigérien des mines, a affirmé que ce contrat a été conclu avec CNODC grâce à l'implication personnelle des présidents du Niger et de la Chine, ce qui fait d'une telle convention «un contrat gagnant-gagnant au plus grand profit des peuples nigérien et chinois ».

    « Non » rétorque Yacine Kandine, le secrétaire général du syndicat national des agents du ministère des mines (SYMPAMINE) qui soutient « qu'aucun cadre des hydrocarbures ou des services de la législations du ministère des mines n'a été associée à la signature de contrat ».

    Il s'agit, ajoute-t-il d'une convention signée dans une opacité totale, au mépris des procédures en vuigueur.

    Selon M.Kandine les tractations ayant abouti à l'octroi du contrat à CNODC « se sont déroulées au détriment des cadres nationaux. En lieu et place, le gouvernement (du Niger) a fait recours à des consultants étrangers pour une enveloppe de 5 millions d'euros (4 milliards FCFA) ».

    Le vice-président de la CNODC, Ye Xiandeng, a assuré que sa compagnie « respectera les engagements et les obligations du contrat », qui lui imposent notamment l'exploitation et la mise au point de la raffinerie dans un délai de trois ans, ainsi que la diversification des activités créatrices d'emplois et la contribution à l'essor de l'économie du Niger.

    En attendant, plusieurs jeunes nigériens fondent l'espoir de décrocher un emploi dans le sillage des nombreux contrats signés entre le Niger et des compagnies étrangères, depuis la décision par Niamey de diversifier ses partenaires miniers.

    « Je chôme depuis bientôt 5 ans, et j'ai déjà passé un test de recrutement pour une compagnie étrangère qui va investir dans le secteur des mines » a indiqué à APA, Zalika Hamani, une jeune diplômée.

    Les autorités nigériennes se sont engagées depuis 2005, dans le processus mondial pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), proposée en 2002 par l'ancien Premier ministre britannique, Tony Blair, au sommet mondial sur le développement durable.
    DS/mn/APA

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