• Nord Mali: Akly Ikna, "Notre revendication politique ne se negocie pas"
    Comme annoncé dans notre parution d'hier, nous livrons dans ce numéro l'intégralité et en exclusivité l'entretien que nous a accordé le commanditaire de l'attaque de Ansongo, M. Akly Iknan. Notre interlocuteur qui nous a joints vers 17 heures sur son téléphone satellitaire a reconnu être l'auteur de l'attaque de Ansongo et précise qu'une série d'attaques est en perspective. Dans cet entretien, il a évoqué également les motivations de
    leur insurrection et les buts qu'ils espèrent atteindre. Au regard des propos que nous a ténu M. Akly Ikna, il est plus que jamais certain que la crise du Nord a atteint des dimensions très préoccupantes.
    Le Mercredi 14 Mai vers 17 heures précises a sonné le téléphone de votre serviteur qui voyait affiché sur l'écran une longue série de chiffres. Très curieux de savoir qui pouvait bien être celui qui
    l'appelait, la première question qui lui est venue à l'esprit était : Qui êtes-vous ? Le correspondant au bout du fil l'accueille par un léger Salam Aleikoum avant de dire : Je suis Akly Iknan, auteur de l'attaque d'Ansongo. Votre serviteur s'empressa alors de lui demander comment il a pu avoir son contact et il lui a répondu, « je ne suis pas un étranger et vous non plus, là où je suis, j'ai sous les yeux certains de vos articles et je sais que vous êtes journaliste ». Après ces détails, le champ est ouvert et la place a été faite à un entretien qui n'a duré que quelques minutes.
    Quel est votre mouvement et quelles sont ses origines ?
    Nous sommes des jeunes de la tribu Imghad et nous sommes originaires de la Région de Gao. Nous sommes plusieurs centaines de jeunes à se regrouper pour former un mouvement de protestation.
    Quelles sont vos motivations et que revendiquez-vous ?
    Il n'y a pas de révolution sans motivation, si quelqu'un se lève pour s'insurger sans aucune raison valable ça veut dire que celui-là est un fou. Bien sûr que nous avons des revendications et nous ne sommes point prêts à les négocier. Nous exigeons une meilleure gestion de notre région et une politique de développement prenant en compte tous les secteurs. Il est temps que notre région aussi bénéficie des investissements comme ça se passe dans les autres régions.
    Mais vous dites que vous êtes de Gao et vous ne faites appel, dans votre communiqué, qu'à la jeunesse de votre tribu, est-ce un appel à la xénophobie ?
    Non ! Pas du tout. Nous faisons appel à la jeunesse de notre tribu tout simplement parce que l'idée est venue de nous. Sinon, le développement que nous cherchons est pour le bonheur de toutes les ethnies de la région. Cet appel n'est nullement inspiré d'un quelconque esprit de discrimination et l'appel lancé concerne la jeunesse brave de toutes les ethnies de la région de Gao.
    Accepterez-vous des jeunes Bellas, Sonrhaïs ou autres... ?
    Comme je viens de le dire, notre appel est à l'endroit de toute la jeunesse de la région de Gao. D'ailleurs, ce que vous ne savez pas, la réussite de l'attaque de Ansongo est due quelque part à l'apport que nous ont apporté certains de la localité qui se battent dans nos rangs. C'est pour vous dire que nous ne sommes pas que des Imghads. Et je suis sûr que dans les jours à venir, ils seront plusieurs dizaines à se joindre à nous car le mal est général.
    Selon certaines sources, vous avez été aperçu à Paris il n'y a pas très longtemps et vous étiez de retour du Golfe du moyen Orient, dans quel cadre se situait votre séjour dans cette région si loin de chez vous ?
    Le monde est un village planétaire, il n'y a plus de coin reculé. C'est vrai, je suis arrivé du Golfe il y a à peu près 10 jours avant l'attaque de Ansongo. Mais je regrette de ne pouvoir vous dire le cadre dans lequel se situait cette visite. Ce qui est sûr, les ambitions que nous avons ne peuvent être atteintes en restant cloîtré dans le maquis et nous sommes disposés à nous rendre partout pourvu que le voyage soit utile pour notre objectif.
    Dans quel coin du monde vous vous trouvez à l'instant précis ?
    Je suis à ma base quelque part dans le septentrion malien. Je ne saurais vous dire plus, vous avez posé assez de questions alors que c'est moi qui vous aie appelé. Je vais être court, c'était pour dire, à travers vous, à la nation malienne que nous n'avons pas d'ennemis au Mali. Notre seul ennemi c'est le sous-développement et ceux qui nous l'imposent. Nous sommes disposés à lutter 
    contre ce sous-développement et combattre tous ceux qui s’y enfoncent.

    C’est sur ces mots que notre interlocuteur nous a raccrochés.

    Ousmane Koné

    source: maliweb
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  • Affaire Moussa Kaka : Sévérité discriminatoire

    Retour à la case départ. C’est de cette façon que l’on peut résumer la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui l’affaire Moussa Kaka, du nom de ce journaliste nigérien, correspondant de Radio France internationale (RFI) dans son pays. La procédure est à reprendre et notre confrère, qui entame son 8e mois de détention dans le cadre de cette affaire, reste toujours derrière les barreaux.

    Pour combien de temps encore ? Nul ne saurait le dire pour le moment. Par contre, ce que l’on peut dire est que le sort semble s’acharner sur le journaliste qui, à l’évidence, est victime d’une sévérité discriminatoire. On ne peut pas effectivement s’empêcher de l’affirmer au regard d’un fait, celui de l’élargissement des deux journalistes français de la chaîne de télévision Arte et du directeur de publication de l’Aïr Info, Ibrahim Manzo, qui avaient eux aussi eu des ennuis pour avoir évoqué le sujet tabou de la rébellion du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ).

    Tout se passe comme si on attendait le directeur de la Radio Saraouina FM au tournant. Ayant fini par l’avoir avec cette affaire de rébellion, il n’est plus question de le relâcher malgré les appels à sa libération et le caractère illégal des écoutes téléphoniques, brandi comme preuve irréfutable de sa culpabilité. Il est à craindre que le même jeu de ping-pong judiciaire ne reprenne pour aboutir au même résultat car jusque-là, on se demande quelle partie acceptera facilement lâcher du lest dans ce bras de fer. Le journaliste et son avocat évoqueront toujours le caractère illégal des enregistrements tandis que la partie adverse soutiendra le contraire.

    En somme, et sans perdre de vue la séparation des pouvoirs, nous affirmons qu’il n’y a que la magnanimité du président de la République qui puisse mettre fin à cette affaire sans qu’aucune des parties ne perde la face. Il est plus que temps que le premier magistrat fasse ce geste tant attendu. Plus d’une fois, et dans ces mêmes colonnes, il a été relevé que l’affaire Moussa Kaka a beaucoup entaché l’image du Niger à l’extérieur.

    Par Séni DABO

    Le Pays

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  • Crise de Kidal: Les bons offices des tribus du Sahara
    Une forte délégation de la ligue populaire et socialiste des tribus du grand Sahara, érigée en Commission de conciliation, séjourne depuis le 15 mai dernier dans notre pays. Objectif : s'impliquer dans la gestion de la crise du Nord par la méthode de la médiation traditionnelle.

    La délégation conduite par le Soudanais Hareka Ahmed Hameda comprend 29 membres venus de divers pays d'Afrique, du Golf et du Moyen Orient ; entre autres, Djibouti, Libye, Maroc, Mauritanie, Irak, Jordanie, Oman, Syrie. Quatre maliens font partie de la mission. Il s'agit de l'ancien ministre Bakary Konimba Traoré dit Bakary Pionnier (personne ressource, associée pour avoir fait partie des missions ministérielles qui ont sillonné, en 1995-1996, le nord et les pays voisins pour gérer le dossier après le retour de la paix), l'honorable Bajan Ag Hamatou, coordinateur national de la ligue, l'Ambassadeur Djibrilla Maïga, chef de la communauté songhoï de Gao et l'imam Thiam.

    Comment est venue cette initiative ?

    Pendant le Maouloud 2008, organisé à Kampala, en Ouganda, le guide libyen Mouammar Kadhafi, a rencontré, le soir de la grande prière, les membres de la ligue populaire et sociale des tribus du Grand Sahara. Il les a appelés à créer un mécanisme d'alerte et de suivi afin d'observer et d'analyser toutes les questions et problèmes relatifs aux tribus de cet espace, en allusion notamment aux problèmes existant entre les tribus touarègues et les autorités du Mali et du Niger. Le leader libyen a souligné l'importance de la création d'un tel mécanisme pour régler tout problème qui pourrait survenir dans l'espace saharien. Il a rappelé les efforts qu'il a fournis en vue de la libération des soldats maliens pris en otage par les rebelles touaregs.

    Enfin, Kadhafi a souligné la nécessité de l'envoi d'une délégation de la ligue dans la région nord du Mali pour s'enquérir du problème et œuvrer pour son règlement définitif ainsi que la formation d'une délégation, chargée de contacter le gouvernement tchadien et les rebelles pour examiner les voies et moyens d'une résolution de la crise, préconisant la création d'un gouvernement d'Union nationale au Tchad, "à l'instar de la solution mise en place pour le règlement du problème kenyan".

    On peut donc légitimement penser que, c'est en droite ligne de cette directive, que se situe le séjour, présentement au Mali, de la délégation de la ligue.

    Déjà, vendredi dernier, les Médiateurs ont été reçus par le président de la République à qui ils ont fait part de leur initiative. Amadou Toumani Touré y a parfaitement adhéré et les accompagne même de ses bénédictions, car c'est une cause noble et d'intérêt national pour le Mali. Ensuite, samedi, ils ont rencontré les différentes sensibilités des communautés du Nord à Bamako au Centre islamique de Hamdallaye.

    La délégation a rallié hier, par avion, Gao d'où elle continuera par la route sur Kidal.

    Partout où elle passera, la commission rencontrera les notabilités, les chefs de tribus et de fractions et tous ceux qui sont impliqués de près ou loin dans la crise du nord. Les Médiateurs retournent à Bamako jeudi prochain pour rendre compte au chef de l'Etat des résultats auxquels ils sont parvenus.

    La ligue des tribus du grand Sahara a été créée le 10 avril 2006 à Tombouctou au Mali, à la faveur du Maouloud organisé dans la Cité des 333 Saints, sur initiative du guide Kadhafi qui en est le président suprême.

    Son objectif, c'est de créer un espace de stabilité et de solidarité pour le développement des populations vivant sur cette bande. L'organisation, selon ses initiateurs, s'attache à dynamiser l'unité sociale des tribus du grand Sahara par l'accroissement de la communication, de la collaboration et de la coopération entre ses fils. Cette volonté doit se manifester loin de la politique, de la diplomatie et du système officiel des États dans le but d'installer la sécurité et la stabilité dans cette partie du monde, en la défendant contre tout danger extérieur qui pourrait la menacer.

    La coordination malienne de la ligue des tribus du grand Sahara est présidée par l'honorable Bajan Ag Hamatou, député élu à Ménaka.

    Sékou Tamboura

    L'Aube du 19 mai 2008

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  • L’Algérie est à l’évidence irritée par le parasitage de la Libye sur l’accord de paix entre le gouvernement malien et les Touaregs du nord du Mali.
    Les autorités algériennes observent avec embarras l’entrée du guide libyen Mouamar Khadafi sur la ligne de négociations entre le gouvernement malien et les Touaregs du Nord du pays, considérant que cela parasite l’accord de paix conclu à Alger en 2006. Le Premier ministre libyen, Al Baghdadi Ali Al Mahmoudi, sera informé de l’embarras d’Alger lors d’une visite qu’il effectuera en Algérie, à partir d’aujourd’hui. Une source qui a suivi la préparation de la visite a précisé que quatre dossiers principaux seront débattus par Al Mahmoudi et le Chef du gouvernement Abdelaziz Belkhadem, qui sont : les développements de la crise malienne, le problème des détenus algériens dans les prisons de Libye, la coordination pour faire face à l’extension d’Al Qaïda dans le Sahel africain, ainsi que la création d’une dynamique dans la coopération économique, qui reste en deçà du dialogue politique bilatéral.

    La source a indiqué à El Khabar que les responsables algériens que rencontrera Al Baghdadi « vont lui assurer que l’Algérie considère l’adhésion de la Libye au processus de négociations entre les belligérants maliens, après le début d’application de l’accord de paix, comme un manque de convenance diplomatique du côté de Tripoli ». Allusion faite à une rencontre entre les représentants de Bamako et les touaregs de Kidal, le mois passé, à Tripoli, sous le parrainage de Mouamar Khadafi. Selon la source, l’Algérie appelle les concernés à revenir à l’accord de paix, partant du fait qu’il comprend des solutions cautionnées par les deux parties. Quant au second dossier qui suscite la polémique depuis des mois, il s’agit de la crise des Algériens qui croupissent dans les prisons libyennes. Cette question sera traitée avec acuité lors de la visite qui dure deux jours.

    Synthèse de Rayane, www.algerie-dz.com
    D’après El Khabar

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  • Mali: ATT appelle les mouvements touaregs du Nord à la paix
    Le président malien Amadou Toumani Touré (ATT) a lancé vendredi soir à Bamako un appel à la paix en direction des mouvements de rébellion touaregs dans le Nord du pays, les invitant à l'unité et à la concorde afin de favoriser la reconstruction, la sécurité et le développement du Mali.

    S'exprimant lors d'une rencontre avec une délégation de l'Association populaire et sociale des tribus du "Grand Sahara", dépêchée par le guide Mouammar Kadhafi en vue d'une médiation de paix et de réconciliation entre les autorités maliennes et les tribus touaregs, le président Amadou Toumani Touré a loué l'initiative du leader libyen.

    ATT a chargé les membres de la délégation d'informer les tribus touaregs dans le Nord du Mali ainsi que les mouvements rebelles de sa disponibilité ainsi que celle du peuple malien à réaliser la paix.

    Il a réaffirmé son engagement de respecter tous les accords signés par son pays que ce soit ceux d'Alger ou de Tripoli affirmant que l'armée régulière du Mali qui est un creuset des populations du pays n'a jamais attaqué délibérément une région du pays, et que ses interventions sont toujours suscitées par des actes d'hostilité à son égard.

    Le président malien a, à ce propos mis en exergue la coexistence pacifique, le mélange culturel et le brassage entre toutes les populations de son pays sans aucune discrimination et condamné les actes regrettables de l'assassinat dans la région de Kidal d'un officier touareg de l'armée malienne et d'un imam malien retrouvés tous les deux morts.

    De leur côté, les membres de la délégation de l'Association populaire et sociale des tribus du "Grand Sahara" ont affirmé avoir répondu à l'initiative et à l'appel du guide Kadhafi en vue de l'instauration de la paix, de la sécurité et de la stabilité au Mali.

    Ils ont souligné qu'ils sont porteurs d'un message de paix, de tolérance et de concorde des tribus du Grand Sahara au peuple malien.

    Au président Toumani Touré, ils ont ajouté que l'objectif de la mission de l'Association qui a vu le jour au Mali est de prendre contact avec les autorités maliennes et les tribus touaregs afin d'aboutir à une réconciliation et à la paix entre toutes les composantes du peuple malien afin que ce pays vive en sécurité et dans la stabilité au service de la prospérité des ses populations.

    Le guide libyen Mouammar Kadhafi avait, rappelle-t-on, en mars dernier à Kampala, en Ouganda, lors de sa 3ème rencontre avec les dirigeants de l'Association populaire et sociale des tribus du "Grand Sahara", appelé à la création d'un mécanisme d'alerte et de suivi afin d'observer et de suivre toutes les questions et problèmes relatifs aux tribus de cet espace saharien.

    Il avait en outre chargé une délégation de sages en vue de prendre contact avec le gouvernement tchadien et les rebelles pour examiner la manière susceptible de mettre un terme à ce conflit.

    Dans ce cadre, le comité de suivi des décisions de l'Association populaire et sociale des tribus du "Grand Sahara" a décidé l'envoi de deux délégations au Mali, au Niger et au Tchad, en vue d'une médiation pour mettre fin aux conflits que connaissent ces pays.

    Par Youssouf Bâ - 17/05/2008
    source: afriquenligne.fr

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