• "Interview de Hassane Fagaga : “Nous voulons une solution durable et claire”

    Colonel Hassane Fagaga; La rumeur de sa mort avait fait la Une de certains organes de presse. Mais l'homme est bel et bien vivant et se trouve actuellement à Alger. Il s'agit de Hassane Fagaga que nos confrères de Klédu ont pu joindre au téléphone le 25 juin dernier. Nous vous proposons l'intégralité de son interview.


    Des sources militaires annonçaient votre mort ; qu'en est-il ?

    Fagaga : Il s'est passé que l'armée a attaqué notre position à Tin Assalek, de 9h à 10h. Les militaires ont reculé et nous avons poursuivis jusqu'à 40 Km de notre position. Et c'est tout. Il y a eu des échanges de tirs et je pense qu'il n y a pas eu de dégâts importants concernant nos éléments.

    Après cette attaque on a appris que avez été blessé de même que Bahanga ?

    Fagaga : En réalité, personne n'a été blessé de notre côté. Du côté des militaires, nous avons appris qu'il y a eu 8 morts et qu'ils les ont cachés.

    Donc personne n'est blessé de votre côté ?

    Fagaga : Non ! Nous n'avons enregistré ni blessé, ni mort, ni véhicules détruits comme l'Armée est en train de le dire. Au contraire, nous avons pourchassé l'Armée de 14h jusqu'au lendemain. Donc si on avait enregistré des blessés et des morts, nous ne l'aurions pas caché parce que cela ne nous décourage pas dans la mesure nous avons opté pour cela. Dans les jours à venir, nous vous donnerons tous les renseignements.

    Comment se présente la situation ? Où vous trouvez-vous actuellement ?

    Fagaga : Nous, nous sommes à Alger.

    Vous y faites quoi ?

    Fagaga : On discute. Nous sommes en train de nous concerter parce que nous ne savons pas si nos frères du gouvernement sont prêts à discuter avec nous. C'est pourquoi nous sommes venus en Algérie préparer nos hommes et nos propositions avant de rencontrer le gouvernement. Cela fait quelques jours que nous sommes à Alger.

    Donc il n y a aucune négociation entre vous et le gouvernement ?

    Fagaga : Depuis notre arrivée, nous n'avons rencontré personne pour le moment. Nous sommes là en groupe ; c'est une délégation qui a été désignée par notre groupe et le reste de nos gens est à Tin Assalek. En tout cas en Algérie ici, tout va bien et dans notre groupe tout va bien, le mouvement se porte bien. Nous sommes prêts pour les négociations mais nous n'avons vu personne. Les gens de Bamako viennent ici et retournent, mais ils ne nous ont pas rencontré directement.

    Qu'avez-vous à dire aux populations maliennes parce qu'on avait appris votre décès ?

    Fagaga : Que je sois mort ou vivant, ce n'est pas important. Ce que je veux dire à notre peuple, que tous nous trouvons entre nous une solution à notre problème. Et il faut qu'on gère la situation clairement parce que l'an passé on a fait un accord entre nous et quand nous nous sommes arrivés à Kidal, on voulait l'application de l'Accord. Dans le fond de l'accord il y a ce qu'on appelle l'allègement ; c'est-à-dire que nous déposons les armes et l'Armée retire tous ses éléments qui avaient été déployés pour la guerre. Quand on a déposé les armes, l'Armée malienne a fait le contraire parce qu'elle est partie fouiller dans les collines, la brousse, les montages, là où nous avons quitté pour voir si on n'a pas caché quelque chose. C'est la cause de la montée de la tension dans notre camp et cela a mis certains en colère. C'est ce qui amené la situation qu'on connaît aujourd'hui.

    Quelles sont vos propositions de sortie de crise ?

    Fagaga : Si des deux côtés il y a la volonté de trouver la solution, il y aura la solution. Ma demande est qu'on reste dans les négociations pour qu'on puisse avoir une solution durable à notre problème, parce que cette situation ne nous arrange pas.

    Est-ce que vous êtes prêts à revenir à Kidal ?

    Fagaga : Si tout va bien je retourne à Kidal. S'il y a la paix, il n y aucun problème pour que je retourne.

    Vous avez les nouvelles de votre famille ?

    Fagaga : Je suis avec ma famille à Alger. Mais à Kidal, il n'y a que mes parents.

    Comment qualifiez-vous l'attaque d'Abeïbara ?

    Fagaga : Quand on est dans une situation de guerre, on ne parle pas d'une attaque et oublier les autres.

    Quel est votre mot de la fin ?

    Fagaga : Je reviens sur ce que j'ai dit au début, une guerre n'est pas bonne, elle laisse la haine entre les gens, la guerre est toujours lourde. Elle n'est ni dans l'intérêt des gens du sud ni dans celui des gens du nord. Je veux qu'on trouve une solution à notre problème pour l'intérêt de nos populations.


    Interview réalisée par Kassim Traoré (Radio Klédu)

    Source: Nouvelle Republique

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