• FRONTIERE NIGER-NIGERIA : Un blocus qui ne dit pas son nom ?

    Ce qui se passe actuellement à la frontière Niger-Nigéria n’est peut-être pas un fait du hasard. Depuis quatre jours en effet, les véhicules et leurs charges sont bloqués. Si les personnes peuvent aller et venir en toute liberté, les marchandises, elles, ne franchissent pas la barrière. Serait-ce le début d’un blocus qui ne dit pas encore son nom ? Ce ne sont pas les indices et les éléments qui manquent pour soutenir cette hypothèse. La CEDEAO, on s’en souvient, a décrété des sanctions contre le Niger il y a de cela deux semaines.

    L’organisation sous-régionale avait demandé, en vain, à Mamadou Tandja de reporter les élections législatives. Le président nigérien les avait cependant maintenues. Elles couronnaient un long processus : celui qu’il avait engagé en vue de s’éterniser au pouvoir. Face à son entêtement, la CEDEAO avait alors pris les sanctions et beaucoup se demandaient comment elles seraient appliquées et si elles pouvaient être efficaces.

    Le Nigeria est un géant politique, économique et démographique. Ce statut n’est pas contesté au sein de la CEDEAO où le pays le plus peuplé du continent joue le rôle de locomotive. Nombreux sont les pays qui commercent avec ce géant économique de la sous-région.

    Parmi eux, le Niger, qui partage une frontière longue de 1500 km avec le pays que dirige Umaru Yar’Adua. Les échanges économiques entre les deux pays sont intenses : bétail du Niger, céréales, hydrocarbures et produits manufacturés du Nigeria, etc. Si le blocus se confirmait, assurément, c’est le Niger qui en souffrirait le plus. Le Nigeria à lui tout seul, peut donc faire mal. Et très mal au Niger. Et si jamais ce dernier voulait réagir. Niamey dépend beaucoup plus d’Abuja que l’inverse. Ce serait le combat du pot de terre contre le pot de fer. En rapport avec les sanctions de la CEDEAO, le Nigeria seul peut donc constituer un objet de pression sur le Niger. Si les autres pays de la Communauté s’y mettaient aussi, Mamadou Tandja ne serait peut-être plus aussi imperturbable comme il l’a été jusqu’à présent, à l’image des Généraux birmans.

    On peut se féliciter de la détermination de Yar’Adua qui ne fait pas mystère du rôle prépondérant que son pays entend jouer au sein de la CEDEAO. Certes, si les supputations se vérifiaient et si le blocus devait durer, ce sont les opérateurs économiques et surtout les populations nigériennes qui souffriraient le plus. Mais comme le dit l’adage, on ne peut pas faire des omelettes sans casser des oeufs.

    Il faut espérer que le président du Niger ne pousse pas loin la confrontation avec son grand voisin de l’Ouest. Dans tous les cas, Mamadou Tandja doit se convaincre que le destin de son pays, bien que souverain, reste lié à celui des autres pays de la sous-région et du reste du continent. Tous partagent la même communauté de destin. La voie qui conduit au développement de la CEDEAO passe aussi par la paix et la réconciliation au Niger. A Mamadou Tandja d’en prendre suffisamment conscience.

    Par Boureima OUEDRAOGO SONRE

    Le Pay

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