• Coup d'Etat au Niger: «Un acte salvateur»

    A l’image de Issa Tiendrébéogo, président du Groupe des démocrates et patriotes (GDP), et de Norbert Michel Tiendrébeogo, président du Front des forces sociales, plusieurs responsables politiques pensent que le coup d’Etat militaire survenu au Niger, le 18 février dernier, était prévisible et constitue un acte «salvateur»…

    Issa Tiendrébéogo, président du Groupe des démocrates et patriotes (GDP)

    «Je ne suis pas surpris par le coup d’Etat au Niger, parce que l’évolution de la situation, depuis le temps où Mamadou Tandja a décidé de ne plus rien respecter de la Constitution, laissait entrevoir que tôt ou tard les choses allaient se compliquer pour lui. Sa mauvaise posture s’était beaucoup plus aggravée, d’autant plus que la société civile et les partis politiques ont pris conscience et ont fait bloc contre lui. Le président Tandja ne pouvait pas s’en sortir autrement.

    Cela ne veut pas pour autant dire que nous approuvons les coups d’Etat dans leur principe, mais entre le peuple et un individu, le choix est évident. Une armée républicaine a aussi pour mission de faire respecter les institutions de l’Etat et de protéger le peuple. En ce sens, si on peut condamner le coup d’Etat en son principe, on peut féliciter l’armée nigérienne d’avoir donné raison au peuple. Le Conseil suprême pour la restitution de la démocratie (CSRD), qui a pris le pouvoir au Niger, a annoncé ses couleurs en promettant de restaurer la démocratie et, tant que les militaires iront dans ce sens, nous ne pouvons qu’applaudir! Ceux qui condamnent les coups d’Etat dans leur principe n’ont pas tort, mais je fais remarquer que s’il n’y avait pas eu le coup d’Etat organisé par Amadou Toumani Touré, au Mali, la démocratie dans ce pays ne marcherait pas convenablement.

    Ce qui s’est passé au Niger doit servir de leçons à ceux qui ont en projet de tripatouiller la Constitution de leurs pays, comme au Burkina. Et les griots seront tenus pour responsables, si de telles choses devraient se produire ici. S’ils veulent se dédouaner, ils doivent avoir le courage de dire à leur patron, Blaise Compaoré, de faire fonctionner normalement la Constitution pour éviter d’amener le KO, qui ne profitera à personne, car ceux qui chantent ses éloges aujourd’hui seront ses premiers détracteurs quand les choses n’iront plus en leur faveur. Attention donc à ceux qui pensent qu’on peut tout faire contre la volonté de tout un peuple.»

     

    Norbert Michel Tiendrébeogo, président du Front des forces sociales (FFS)

    «Le Niger, ce pays frère du Burkina Faso, vit, depuis le 18 février dernier, un tournant décisif de son histoire sociopolitique. Face à l'entêtement du président Tandja, l'armée a "pris ses responsabilités"! En fait, cette irruption de la Grande muette sur la scène politique, au-delà des condamnations de principe qu'elle suscite, apparaît plutôt comme un acte salvateur de tout un pays et de tout un peuple!

    La triste histoire du désormais ex-président nigérien revêt toute une symbolique et est, nous l'espérons, un bel exemple pour tous ces apprentis-sorciers manipulateurs des Constitutions de leur pays pour se pérenniser au pouvoir. Elle apparaît aussi comme une leçon de bonne conduite à tous ces margoulins accrochés aux basques de nos roitelets, et qui les abreuvent de fausses et fumeuses théories sur les valeurs démocratiques. Ceux-là, du reste, sont toujours les plus enclins à retourner leurs vestes dès les premiers retournements de conjoncture.

    Nous osons espérer que les militaires nigériens sauront se montrer dignes des attentes de ce peuple fier et courageux du Niger, et que la démocratie reprendra le plus vite possible sa place dans ce grand pays. Que l'exemple nigérien puisse servir de sonnette d'alarme à tous ceux qui avaient des visées révisionnistes affichées ou camouflées de leur Constitution!»

    Arouna Dicko, Rassemblement politique nouveau (RPN)

    «La situation au Niger peut être appréciée de deux manières. C’est un rapport de force qui oppose deux parties, et qui peut être démocratique ou militaire. Nous ne souhaitons pas que le rapport de force militaire prenne le dessus. Car c’est proscrit par notre Constitution. Mais au Niger la sortie de la crise ne pouvait se faire que de cette manière.
    En Afrique, lorsqu’un chef d’Etat se sent fort, il s’entête à rester au pouvoir, quitte à tordre le cou à la loi. Et puisque Mamadou Tandja pensait avoir le rapport de force en sa faveur, c’est ce qu’il a tenté de faire.  Malheureusement pour lui,  il n’était pas tout à fait maître de la situation et il a été déposé par les militaires. Les chefs d’Etat qui ont tronqué leurs treillis contre des vestes afin de s’emparer du pouvoir doivent comprendre qu’ils ne peuvent pas s’y maintenir éternellement. On pense toujours que cela n’arrive qu’aux autres.

    Nous sommes contre les coups d’Etat car lorsqu’un pays emprunte cette voie, il en ressort difficilement. Je ne suis pas au Niger, mais je demande aux militaires de remettre le pouvoir aux civils le plus rapidement possible. Nous espérons que le président Blaise Compaoré va tirer les leçons de toutes ces crises qui se déroulent autour de nous. C’est un souhait, car nous savons que, «qui a bu, boira». Il a rectifié, modifié les textes de la Constitution en complicité avec certains burkinabè pour se maintenir à la tête du Burkina. Il va toujours le faire pour se présenter autant de fois qu’il veut, si le rapport de force ne change pas. »
    fasizine.com 

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